Google, ce bien-aimé dictateur des Temps Modernes

Ogre Google
1min30 ou la fable du fossoyeur et du "fossoyé"

Au pays de Google, il était une fois
Une agence, qui prenait son mal en patience.
Car, à défaut de liens suroptimisés,
L’ogre américain avait décidé
De n’en faire qu’une bouchée.
Après maintes plaintes et sempiternels reproches,
Que croyez-vous que le géant de Moutain View
Ait fait ? Rien du tout. Et pourquoi ce son de cloche ?
Parce qu’il s’en fout, voilà tout.
Google est aujourd’hui une fable,
Le monde est son terrain de jeu, son bac à sable.
Regardez-le creuser la tombe de nos sites !
Sinon, partez chez Bing, chez Qwant, prenez la fuite !
1min30, c’est ce qu’il lui faut
Pour trouver à votre site de vilains défauts.
Cette agence en a ainsi fait les frais.
Mais, que se passe t-il après ?
Ce ne sont pas, vaines colères mais remises en question
Qui achemineront le site vers
L’Absolution.

L’affaire 1min30 dans le viseur

Après une courte introduction rédigée sous forme de fable (pour le fun uniquement et l’idée de cet article m’est apparue comme ça), je m’en vais vous donner mon opinion sur l’épisode qui a secoué la sphère SEO ces dernières semaines. Cet article fera donc suite à celui rédigé par Raphaël sur son blog Visibilité Référencement.

Je ne vous ferai pas l’offense de rappeler dans son intégralité les prémices de l’affaire. Néanmoins, voici une rapide chronologie des évènements survenus ces derniers jours :

  • le 8 septembre 2014, Gabriel Dabi-Schwebel, fondateur de l’agence 1min30 interpelle la planète Twitter sur la pénalité manuelle qui lui a été infligée le 17 août dernier,
  • la réaction des twittos est immédiate, ce qui provoque un emballement pour ne pas dire un véritable buzz (de nombreux internautes relaient l’information et donnent leur avis sur le sujet, ce qui donne lieu notamment à près de 300 retweets de l’article de Gabriel),
  • la discussion se poursuit sur le forum d’aide aux webmasters Google où notre pourfendeur tente de défendre sa cause auprès des Googleurs et des TC (Top Contributeurs)
  • Après avoir frappé aux portes de nombreux référenceurs (Raphaël Doucet, Marie-Aude Koiranksy, etc.), Gabriel Dabi-Schwebel obtient une tribune sur le JournalduNet

A ma connaissance, voilà où nous en sommes à l’heure actuelle : Gabriel, refusant de plier sous le joug intolérable de Google, persévère et vient de procéder à une énième tentative de réhabilitation, autrement dit, une demande de réexamen, auprès de l’ogre américain.

Ce que j’en pense en toute modestie

Comme beaucoup de monde, j’ai tout d’abord participé à ce grand élan de solidarité en partageant l’article sur Twitter et en relayant l’information, tout comme je l’avais déjà fait auparavant pour The Parisienne dont j’ai également signé la pétition. Néanmoins, pour être certain du bien-fondé de la démarche de Gabriel, je l’ai contacté en privé sur Twitter pour me donner plus d’informations concernant les liens incriminés selon Google, ce qu’il a fait en me renvoyant vers la page du forum d’aide aux webmasters. J’ai alors pu me faire une opinion plus prononcée du débat qui semblait animer alors l’ensemble de la communauté SEO.

Avant toute chose, je tiens à féliciter Gabriel pour le buzz généré autour de cette affaire, que ce soit légitime ou non. Selon moi, c’est un bon coup marketing. Certains pensent que c’est une erreur vis-à-vis de la clientèle de l’agence qui risque d’y voir là une forme d’incompétence voire de naïveté. Bien au contraire, je trouve que cette volonté de transparence est tout à fait louable. Notre métier souffre parfois d’une mauvaise image, liée bien souvent au fait que certains de nos confrères font passer l’appât du gain avant la relation client. Certains n’hésitent clairement pas à inventer des concepts complètement bidons ou à vendre des modules par ci, des audits inutiles par là, dans l’unique but de rouler les clients dans la farine, sans pédagogie aucune. Par conséquent, beaucoup de clients se méfient de plus en plus de certaines de nos actions et de notre intégrité, ce qui est parfois difficile à défendre, surtout au lancement d’une nouvelle prestation quand un client, déçu des services rendus par son ancien référenceur, s’engage auprès d’un nouveau. Heureusement, nous ne sommes pas tous des « charlatans » et il est important d’exposer aux yeux de ceux que l’on sert les difficultés auxquelles notre profession est confrontée. Celles-ci ne doivent en aucun cas être occultées.

En dehors de cela, je ne nie pas que l’agence 1min30 ait pu vouloir faire le buzz. C’est tout à leur honneur. Pour ma part, cela ne me dérange pas. Ils ont pris un risque public, celui d’être critiqué sur leur façon de procéder et je tiens à souligner cet acte de bravoure.

Par ailleurs, en ce qui concerne les revendications qui les animent, à savoir le fond du problème (les liens incriminés), il apparaît, au-delà d’un profil de liens globalement propre, quelques backlinks qui peuvent laisser planer un doute :

Si l’on ajoute à cela le pourcentage d’ancres optimisées, c’est-à-dire le nombre de pages référentes utilisant des ancres constituées de mots-clés, le site de l’agence 1min30 était un candidat potentiel à la pénalité manuelle (voir illustration ci-dessous).

Pourcentage d'ancres optimisées pour le site 1min30

En creusant davantage, on s’aperçoit que l’ensemble des liens obtenus sur les ancres optimisées telles que « agence webmarketing », « création de sites internet », « relations presse », « marketing relationnel », etc., proviennent majoritairement du site http://www.webmarketing-com.com, qui semble, entre autres, être à l’origine de la pénalité manuelle infligée par Google.

Conclusion

Avec Google, on ne plaisante pas. Quand on chasse sur ses terres, il faut s’attendre à son tour à être traqué. Et en terme de tracking, il s’y connaît Google. Bien que je ne cautionne pas la vision que nous impose quotidiennement ce monstre de la Silicon Valley, en tant que référenceur, je tente, autant que faire se peut, de suivre ses guidelines. Et, dans l’ensemble, ça fonctionne assez bien. L’expérience utilisateur, la mise à jour régulière des contenus, le partage social, sont des dogmes que j’applique à la lettre jour après jour. Si je suis convaincu que l’agence 1min30 a voulu bien faire, on ne peut nier qu’une minuscule partie de leur profil de liens pouvait leur être nuisible. Le SEO faisant partie intégrante d’une stratégie webmarketing, il est important d’en comprendre les concepts et les enjeux au mieux pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation.

Certes, la rétroactivité des mises à jour Google est contestable. Néanmoins, les principes de base du netlinking n’ont pas bougé depuis les premières heures du moteur. Alors, Google ne fait qu’appliquer aujourd’hui des préceptes qu’il défend depuis toujours. Google se fout des sites. Il s’en sert pour donner satisfaction aux utilisateurs. A l’image de son OpenGraph, on se rend bien compte que Google tente de mutualiser et de rassembler un ensemble complexe et vaste d’informations au sein même de son moteur de recherche, ce qui nuira encore à bon nombre d’activités à l’avenir. Tant qu’il sera en situation de monopole, rien ne pourra l’arrêter. Certains, comme Qwant, tentent de percer. Il est également de notre ressort, en tant que professionnels du web, de faire évoluer les mentalités et de proposer à nos clients de nouvelles alternatives pour rechercher l’information et trouver de nouvelles sources de profit. N’attendons pas que Google le fasse pour nous.

4 commentaires

  1. Jérémy dit :

    Très bon article Antho. J’ai beaucoup aimé la fable et la métaphore visuelle du Google Pac Man (si c’est une création à toi, applaudissement 😉 ). Ensuite, l’article est très intéressant, bien appuyé par ta courte enquête.

    Je pense un peu comme toi. Logiquement, si l’on respecte la guideline de Google, les risques de pénalité sont mesurés. Par contre, Google a montré qu’il pouvait changer les règles du jeu de manière univoque.
    Peut-être est-ce pour améliorer son algorithme et empêcher certains abus, mais cela a des conséquences qui peuvent être désastreuses pour des entreprises.
    C’est en cela que je te rejoins : si l’on ne veut pas que Google nous tienne par les « roubignoles » et tout le reste, il est de notre rôle (voire de notre devoir) d’étudier les alternatives que peuvent être Bing et Qwant.

  2. Merci Anthony pour cette analyse équilibrée.

    Pour suivre l’affaire, je vous invite à lire les 2 articles que nous avons déjà faits sur le sujet:

    https://www.1min30.com/1min30/google-peut-se-tromper-et-1min30-essayer-de-se-defendre-12561
    https://www.1min30.com/1min30/retour-action-manuelle-google-deroule-des-evenements-12612

    Ainsi qu’un nouveau aujourd’hui à 14h30 sur notre blog.

    Petite précision : la tribune sur le JDN n’a pas été obtenue après avoir frappé aux portes des blogueurs, c’est indépendant et d’autres prises de parole sont prévues.

    Bien cordialement,

    Gabriel

  3. Loiseau2nuit dit :

    Assez d’accord avec l’analyse de départ sur le coup « buzz transparence ». J’avoue que de prime abord je n’avais pas du tout réfléchi sous cet angle. Néanmoins, si l’idée est bonne dans le fond, sur la forme en revanche il y a beaucoup à dire. Et la manière dont cela (m’)a été présenté était clairement un aveu de faiblesse et de naïveté. Ca en Comm’, ca pardonne pas.

    Et la réponse que le gérant de l’agence a émis chez Raphaël me confirme d’autant plus dans ce ressenti.

    Bref, en attendant, je crois que chacun de nous a des enseignements à en tirer et m’est avis que les Majestic SEO et autre Ahrefs ont du fumer ces 3-4 derniers jours ^^

  4. Marc dit :

    Bravo pour ce bon résumé, c’est une sacrée actualité dans le monde du SEO et il ne fallait pas passer à côté. L’analyse de la situation est fine, et je te rejoins sur le buzz qui est le gros « plus » de cette affaire.

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